Le Blog de Magali Plovie, conseillère communale Ecolo à Forest

mardi 23 août 2016

Pourquoi Ecolo a voté contre le nouveau règlement des écoles communales ?

Ce mardi 5 juillet, le Conseil Communal a adopté un nouveau règlement d’ordre intérieur (ROI) pour toutes les écoles communales de Forest. Ce règlement prévoit de nouvelles dispositions censées réguler la gestion des arrivées tardives.
Ecolo est bien conscient des difficultés vécues par les directions des écoles et le corps enseignant de toutes les écoles face à de nombreux retards de certains élèves et le sentiment d’impuissance par rapport à certaines situations. Il est important pour nous d’être à l’écoute de cette réalité et de pouvoir les soutenir dans la recherche de solutions.
Cependant, les mesures proposées dans ce règlement nous semblent disproportionnées, à bien des égards, et risquent d’accentuer à terme le risque d’exclusions et de décrochage scolaire.
C’est pourquoi, les conseillers communaux se sont opposés à ce texte.


Comment se fait-il qu’un règlement prévoyant la gestion des retards est présenté au conseil communal ?

En novembre dernier, lorsque le Gouvernement a décidé d’élever le niveau de menace à son maximum, toutes les écoles de la Communauté Française ont été invitées à prendre des mesures strictes en vue de garantir la sécurité des élèves. Les écoles devaient notamment fermer les portes d’entrée à 8h25 et ne plus autoriser l’accès, passée cette heure. Ces mesures devaient donc être temporaires et devaient logiquement prendre fin à la sortie du niveau de sécurité maximal.
Cependant, constatant une diminution significative des retards, les directions des écoles et les responsables de l’instruction publique ont décidé de maintenir ces mesures, malgré la levée de l’alerte maximael, et de les renforcer en prévoyant la possibilité d’exclure des élèves après deux retards.

La commune doit-elle de soutenir les directions d’école dans la lutte contre les retards ?

Oui bien-sûr. Ecolo est clair et ferme sur ce point : L’horaire du début des cours est connu de tous et doit être respecté.
Les arrivées tardives perturbent, non seulement le bon déroulement des cours mais empêchent également l’élève retardataire de suivre adéquatement les cours, ce qui peut avoir des conséquences sur sa bonne compréhension des matières.

Alors, pourquoi Ecolo ne soutient pas le projet de règlement d’ordre intérieur (ROI) ?

Parce qu’un enfant, a fortiori de primaire et maternelle, n’est pas, pour la majorité des cas, responsable de son retard et du fait des perturbations qu’entraine son retard sur les autres enfants. L’enfant retardataire est même la première victime de ses retards.
C’est pourtant l’enfant qui est visé dans ce ROI et qui encourt le risque de décrochage scolaire.
Ecolo déplore ces sanctions disproportionnées, qui vont à l’encontre du droit fondamental  pour tous les enfants à recevoir une instruction.

Que propose Ecolo, alors ?
Ecolo demande qu’une évaluation soit rapidement menée en concertation avec le monde de l’école (direction, organisation syndicale représentative des enseignants, organisations de parent) pour établir une analyse fine des causes des retards « chroniques » et élaborer une stratégie de lutte contre les retards.
Par ailleurs, plusieurs écoles d’autres communes ont été confrontées à ce type de problèmes et ont réussi à trouver des solutions équilibrées, diminuant significativement les retards tout en garantissant l’accès à l’instruction publique à tous les enfants. Ces solutions passent souvent, pour les « retardataires  chroniques », par un dialogue continu entre la direction, les parents et le centre PMS.
Nous pensons que des solutions respectueuses tant des horaires et des droits de l’enfant doivent être implantées à Forest

Au-delà de ce règlement pour les écoles et de ce vote négatif, il est clair qu’il est important pour nous de poursuivre notre travail au sein de la majorité de manière sereine et constructive pour une commune plus verte, durable et solidaire.

vendredi 29 avril 2016

Tous ensemble !



Ce dimanche sera un 1er mai particulier à maints égards. Tout d’abord, hors les activités de la FGTB et les concerts prévus, tout le reste de la société civile est écarté des festivités de la Place Rouppe pour des raisons de sécurité. Nous en sommes particulièrement peinés car cette décision démontre à quel point nos activités sont ébranlées par la terreur et que le sécuritaire a pris le pas sur nos vies. A cela s’ajoute un contexte politique qui aurait justifié en ce 1er mai une mobilisation particulièrement importante, notamment la volonté du Ministre Peeters d’adopter des mesures visant la régression du droit du travail telles que l'annualisation du temps de travail, la fin de la semaine des 38H, mais aussi de nouvelles mesures sur les heures supplémentaires. Alors que le gouvernement fédéral se dirige donc vers une flexibilisation accrue des contrats de travail et espèrent toujours un retour de croissance pour créer des emplois, Ecolo, lors de l’écolab du 24 avril dernier, s’est prononcé pour la semaine des 4 jours avec embauche compensatoire. La redistribution du temps de travail telle que nous la proposons via la semaine de quatre jours, peut contribuer à la création de nouveaux emplois, à une amélioration de la qualité du travail et à une meilleure distribution des richesses sans accentuer la pression sur les ressources naturelles[1].

En France, une mobilisation forte s’est développée contre la réforme du code du travail, et réunit chaque soir sur la Place de la République à Paris mais aussi dans d’autres villes, des jeunes, des syndicalistes, des intellectuels, … : c’est « Nuit debout ». Visant au départ à faire abandonner par le Gouvernement la réforme du Code du travail, cette mobilisation s’est muée en un mouvement plus général de contestation de notre société néolibérale et de ses impacts désastreux sur la population, surtout pour les plus vulnérables. Ce mouvement s’est aussi créé à Bruxelles[2] et dans quelques villes belges et est principalement centré sur une remise en cause de la société en générale. Cette mobilisation ne prend cependant pas la même ampleur que celle à Paris. Nous aurions pourtant pu nous attendre à une mobilisation de plus grande envergure vu les nombreuses mesures et déclarations du Gouvernement fédéral qui progressivement écorchent notre Etat de droit et laminent notre démocratie. Régulièrement, des syndicats, des groupes de citoyens comme « Tout autre chose », des ONG[3], des intellectuels dénoncent cette situation, mais le plus souvent de manière cloisonnée. Et si ces mouvements se rassemblaient, quelle serait alors la force de frappe ? Et si le rassemblement de toutes ces forces, c’était ce 1er mai ? Alors peut-être que ce serait le début d’une mobilisation suffisamment importante pour faire front face aux réformes et à la régression de nos droits que le gouvernement fédéral imposent et pour faire émerger un autre projet de société. Ce ne sera possible que tous ensemble. C’est pour cette raison qu’Ecolo sera Place Rouppe ce dimanche. Nous espérons vous y voir nombreux et pourquoi pas poursuivre par la suite au Mont des arts !

Magali Plovie & David Leclecq 


[1] http://www.ecolo.be/?ecolab-redistribution-du-temps-de
[2] Nuit Debout se réunit chaque soir au Mont des Arts
[3] Voir pétition sur le site de la ligue contre la Loi Peeters : https://www.change.org/p/kris-peeters-vice-premier-ministre-belge-et-ministre-de-l-emploi-de-l-economie-loi-peeters-wet-peeters-non-merci-nee-bedankt?recruiter=528980576&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

mercredi 9 mars 2016

journée des droits des femmes

Au conseil communal d’hier soir, chaque groupe politique, sauf le MR, est intervenu pour parler des droits des femmes : les femmes comme armes de guerre dont certaines sont les réfugiées que nous accueillons (ou que certains s’efforcent de ne pas accueillir) sur notre territoire, budget genré, précarité des femmes (familles mono-parentales), … Si certains n’y ont pas vu d’intérêt, ne voyant à cet exercice que des paroles en l’air, j’y ai vu pour ma part un moment important qui a permis de rendre hommage, de sensibiliser à certaines situations et d’émettre des propositions. J’aurais préféré un autre climat qui nous aurait permis de faire ces interventions et mener un débat de qualité, mais je reste convaincue que nous pourrons dans l’avenir poursuivre ce travail avec ceux qui hier soir y ont vu un intérêt #‎PS‬#défi#CDH

Et voici l'intervention du Groupe Ecolo :

De tout temps, lors des guerres, les femmes ont fait l’objet de crimes sexuels. Ce phénomène semble cependant s’intensifier avec les guerres de ces dernières décennies (notamment Kosovo, Darfour, Colombie, Nigéria, Congo, Irak, Syrie). Il y a deux façons de tuer son ennemi : le tuer tout simplement ou s’emparer des femmes de sa famille, les torturer, les violer et le faire savoir. Jean Bofane dans son livre décrit cet élément : « Il fallait causer des dégâts irrémédiables, sans appel, faire couler le sang à profusion et atteindre le paroxysme de la douleur. Les maris assistant au viol ou au carnage devenaient impuissants pour toujours. Il paraissait alors utile que quelques uns restent vivants, pour qu’ils soient des témoins (1). » N’oublions pas non plus d’autres pratiques comme celles de l’enlèvement où les femmes deviennent des esclaves sexuelles ou sont mariées de force. Ces pratiques visent à faire exploser les communautés d’où ces femmes viennent.
Ces victimes par après subissent l’opprobre de leur famille et sont stigmatisées. Elles sont souvent exclues de leurs groupes qui ne veulent ou ne peuvent assumer le déshonneur ; jetées à la rue sans ressources et sans personne, elles deviennent alors prisonnières de la honte et de la peur.
Une avancée importante à été effectuée par la reconnaissance du viol comme arme de guerre par le Tribunal pénal international pour le Rwanda. Une résolution a été par ailleurs adoptée par le conseil de sécurité invitant les gouvernements à prendre des mesures spéciales pour protéger les femmes et les filles contre les violences sexistes lors d’un conflit armé. Outre cette protection particulière, les nations unies défendent aussi de leur accorder des réparations. Des projets existent aussi pour soutenir les femmes victimes de ces agissements qui sont rejetées de leur communauté. Ces mesures ne permettent hélas pas d’empêcher ces exactions mais permettent de reconstruire par la suite la société. Le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme lors d’une rencontre avec un groupe de femmes en RDC rapportait ces propos, concernant les réparations : « Elles ont clairement dit à notre équipe : s’il vous plaît, ne nous laissez pas d’argent car ils le sauront, ils viendront nous le voler et nous feront du mal à nouveau. Alors nous leur avons demandé ce qu’elles souhaitaient. Certaines ont avancé l’idée de dresser des monuments pour commémorer les évènements qui s’étaient produits ; d’autres, de bâtir des écoles pour leurs enfants. Enfin, un autre groupe de femmes a demandé un bateau pour pouvoir transporter les fruits et légumes qu’elles cultivent jusqu’au marché afin de les vendre (2)» Protéger et prévoir des réparations, en consultant les femmes, c’est bien participer à la reconstruction de la société qui a été meurtrie par la guerre.
Le groupe Ecolo voulait, en cette journée des droits des femmes, rendre hommage à toutes ces femmes qui ont été ou qui sont utilisées comme armes de guerre et qui se retrouvent aussi dans les rangs des réfugiés qui viennent trouver refuge dans nos pays européens.



1. Citation reprise dans l’article de Sabine Scharder, « Le corps des femmes comme champ de bataille », Espace de Libertés, janvier 2016, p.25.
2. Citation reprise dans l’article de Julia Crawford, « Le viol comme arme de guerre », Fondation Hirondelle, 12 mai 2015
http://www.justiceinfo.net/fr/tribunaux/tpir/151-le-viol-comme-arme-de-guerre.html

mardi 12 janvier 2016

Faire face à la montée des océans, des attentats et du fascisme



Nous avons connu en 2015 bien sûr ces actes de terrorisme qui ont jeté l’effroi. Les réponses uniquement sécuritaires qui y ont été données, jusqu’à une immobilisation totale de Bruxelles, posent de véritables questions en terme de démocratie. Nombreux ont été les forestois-e-s qui ont manifesté leur incompréhension et leur crainte devant ces mesures. Nous avons vu l’arrivée de personnes qui ont fui des guerres et nous avons été témoins de l’incapacité de l’Etat à déployer rapidement un accueil digne. Ce seront des citoyens, et notamment des forestois-e-s, qui devront se mobiliser pour permettre cet accueil.  La Belgique s’est vue aussi « gratifier » d’un  « prix Fossile » pour n’avoir pas pu aboutir à un accord avant la COP 21 sur le réchauffement climatique. Les premières victimes de celui-ci seront les peuples du sud, risquant de créer d’autres vagues de réfugiés climatiques qui viendront gonfler le nombre de ceux qui fuient déjà guerres et inégalités criantes. Et hélas nous devons terminer ce tableau noir par la montée des partis fascistes un peu partout en Europe, et le recul de nombreux acquis sociaux, qui vont souvent de pair.

Pourtant, nous ne pourrons sortir de ce marasme que par la consolidation de nos droits fondamentaux et par une démocratie forte, ce qui nécessite le renforcement de ses piliers et une véritable place pour les citoyens à travers des processus participatifs développés et adéquats. Nous aurions préféré que les 400 millions d’euros trouvés en urgence pour la sécurité soient plutôt investis depuis plusieurs années, notamment, dans l’enseignement pour qu’il devienne enfin un vecteur d’émancipation et d’égalité, dans une économie favorisant les emplois durables, de qualité et non discriminants, dans la santé, la culture, ou pour rendre nos quartiers plus agréables à vivre.

2015 aura été notre piqure de rappel ; que rien n’est acquis et qu’il ne faut jamais lever la garde ! Ne nous laissons pas abattre, les sources de changements sont entre nos mains. Nourrissons-nous de ces multiples perles d’humanité qui nous entourent et qui illuminent quotidiennement nos vies. Il faut les serrer dans nos poings et les disperser autour de nous, surtout là où elles ont disparu. Restons vigilants et résistons aux multiples marées destructrices. N’oublions pas l’héritage de Stéphane Hessel « La pire des attitudes est l'indifférence », alors Indignons-nous ! Que cette année 2016 soit celle de nos combats.

Magali Plovie et David Leclercq

jeudi 5 novembre 2015

Forest = commune hors TTIP

A Forest, on peut se réjouir quotidiennement d’une mobilisation citoyenne pour le bien-vivre ensemble, du local au global. Que ce soit pour les potagers collectifs, la participation aux débats d’aménagements de voiries mais aussi des questions d’économie collaborative ou d’accueil des réfugiés, les habitants de Forest se bougent pour la cohésion sociale, les enjeux environnementaux et la solidarité!

Dernièrement au sujet du TTIP, grâce à un remarquable travail d’information des Forestois, des citoyens réunis dans la locale de Tout Autre Chose – Hart boven Hard, ont pu porter une interpellation forte devant le Conseil Communal. Soutenu unanimement par les élus Ecolo, cette motion réclame l’arrêt de toutes les négociations sur les traités commerciaux transnationaux.

Il y a un an et demi déjà, Ecolo avait porté une motion de réserve sur le TTIP. Cet automne, l’interpellation citoyenne et la détermination politique d’Ecolo et d’une large majorité  (Ecolo, PS Spa, FDF, Cdh) malgré l’opposition du MR, ont permis de franchir un pas supplémentaire pour affirmer le blocage des Forestois à ces « accords » anti-démocratiques. En effet, l’opacité des débats fait peser les pires craintes sur l’abandon de l’emploi, des critères de qualité sanitaires et environnementaux à la logique du marché entre quelques multinationales.  Ce recul de l’Etat de droit serait en outre accéléré par le règlement des différends commerciaux entre Etats et entreprises devant un tribunal d’arbitrage permettant tous les dumpings et dictant à coup de sanctions financières les aberrations du libre-échange dérèglementé. L’entrée en vigueur de tels traités toucheraient de plein fouet les entités locales, il est dès lors crucial que le niveau communal se mobilise massivement.

Merci aux citoyens et aux associations qui se sont approprié la problématique, ont rassemblé les Forestois pour aboutir à cette motion courageuse et nécessaire. A plus d’un titre, c’est une belle démonstration de démocratie.
Magali PLOVIE & Stéphane ROBERTI

mercredi 1 juillet 2015

La prison de Forest : une maison d'arrêt près de chez vous

La prison de Forest, qui jouxte la prison de Saint-Gilles, comprend une section pour les hommes (située rue de la Jonction) et une section destinée aux femmes ( rue Berkendael). La partie actuellement réservée aux hommes a été bâtie en 1910 selon le style architectural dit « Ducpétiaux », du nom de cet inspecteur Général des prisons qui initia la construction d'une série d'établissements selon le modèle du « panoptique ». Cette configuration, permettant une surveillance « à distance » à partir d'un point central d'où rayonnent les ailes où se trouvent les cellules, répondait à la volonté d'un isolement net des détenus entre eux ainsi que des autres services de la prison. Aucun espace commun n'y a été ainsi conçu. Les conceptions qui ont préfiguré ce type de construction sont aujourd'hui dépassées étant donné leur effet désocialisant, la réinsertion s'appuyant en effet pour une grande part sur un travail relationnel et le contact avec l'extérieur.

La prison de Forest est une maison d'arrêt, c'est à dire accueillant principalement des personnes mises en détention préventive (on parle ainsi de « prévenus »). Le maintien d'une personne en détention préventive doit être confirmé par le juge tous les mois, en fonction de l'état d'avancement de son dossier. Notons à ce propos que seul un faible pourcentage de ces personnes se retrouvent finalement condamnées (environ 30%), ce qui signifie qu'une grande partie d'entre eux aura été incarcérée « pour rien ». Ce constat n'est pas sans susciter des questions, s'il l'on pense notamment à la surpopulation endémique de nos prisons et ses conséquences tant sur le personnel que sur la situation des détenus.

La prison de Forest est en effet prévue pour accueillir 372 personnes et est régulièrement épinglée pour sa surpopulation. Le taux de détention peut atteindre dans certaines ailes jusqu'à 235% d'occupation (ce fut le cas en 2012). Le nombre actuel de détenus (au 2 juin 2015) est de 567 (dont un peu plus de 90 internés), chiffre en faible diminution au vu de la fermeture prochaine de l'aile D. Ceci signifie entre autres que de nombreux détenus (30 % en moyenne) se retrouvent 23h/24h à 3 dans une cellule de 9m² initialement prévue pour 1 ou 2 occupants, et ce dans des conditions de vie et d'hygiène épouvantables (seau hygiénique, matelas par terre,..).

La prison a d'ailleurs à cet égard fait l'objet d'un rapport accablant suite à la visite du Comité européen pour la prévention de la torture en 2012, sans que la situation n'ait depuis évolué. Notons en outre que la Belgique se voit régulièrement condamnée (encore tout récemment en 2014) par la Cour européenne des droits de l'homme suite au constat répété de conditions de détentions indignes et assimilables à la torture. Suite à la demande de plusieurs associations de droits de l'homme, un arrêté de la bourgmestre de la législature passée, repris par le bourgmestre actuel a par ailleurs été déposé afin de limiter le seuil de surpopulation à Forest.

L'extrême vétusté des lieux et le manque de locaux pour assurer les suivis sociaux des détenus constituent une entrave à leur réinsertion. Sans ce travail, le retour dans la société ne sera en effet pas aussi favorable que s'ils bénéficient d'un suivi.

Écolo demande que les conditions de détention puissent être améliorées en vue de répondre aux condamnations internationales. Dans un tel contexte, nous estimons que nous devons œuvrer à la mise en place de conditions qui favorisent efficacement la réinsertion, ce qui n'est actuellement pas le cas.

Il est important aussi de diminuer le nombre de détenus tant dans la prison de Forest que de manière générale. Regardons les politiques ambitieuses et réussies à ce sujet dans d'autres pays comme la Finlande. Une partie des détenus actuels devrait pouvoir être pris en charge de manière plus adéquate, en dehors des prisons, notamment les toxicomanes et les personnes souffrant de troubles mentaux,…

Écolo est par ailleurs opposé à la construction de « méga-prisons » telles que celle prévue à Haren. En matière de surpopulation, les études criminologiques montrent que l'augmentation de la capacité carcérale conduit systématiquement à une augmentation des mises en détention, alors que les politiques pénales actuelles visent à davantage explorer et développer les alternatives à la détention. Plus globalement, les « méga-prisons » sont des lieux profondément déshumanisants. En ce qui concerne le projet à Haren, il pose aussi question quant à l'accessibilité pour les familles, le personnel de la Justice et les services d'aide à la réinsertion.

Il ne faut pas oublier que les mauvaises conditions de détention et de son déroulement entravent le processus de réinsertion, ce qui conduit à la récidive, dont le taux en Belgique est d'ailleurs édifiant, comme les journaux l'ont à nouveau tout récemment dénoncé. Ce lien est peu diffusé dans la population et parfois mal compris. Mais l'expérience répétée nous montre que l'échec de la réinsertion est bien un échec pour l'ensemble de la société. S'attendre en effet à ce que des détenus dont les droits fondamentaux ont été bafoués au cours de leur détention réussissent ensuite leur réinsertion au sein de la société, est pour le moins illusoire.

Magali Plovie
Sarah Trillet

mercredi 27 mai 2015

Un vent nouveau à Grenoble



Avec d’autres mandataires écologistes, nous sommes partis découvrir ce qui se passe à Grenoble et avons dans ce cadre rencontré d’autres mandataires mais aussi des acteurs de terrain. Mais que se passe-t-il donc à Grenoble ?

Grenoble a vu depuis les dernières élections municipales une nouvelle majorité qui est très particulière ; en effet, la liste qui a gagné les élections réunissait : Europe Ecologie les Verts, l’Ades, le parti de gauche, des associations locales, les Alternatifs, le Réseau citoyen, ...

Une liste qui réunit différents partis mais aussi des associations et des mouvements citoyens, c’était à priori tout à fait improbable et pourtant, pour différentes raisons très spécifiques à l’histoire et aux citoyens de Grenoble, cela a marché ; Pari gagné mais avec un programme très ambitieux.

Première chose, Grenoble, ville en transition ; mise en place de tout un programme sur l’eau, l’environnement, la mobilité, le traitement des déchets, …





Nous avons pu échanger nos pratiques et les difficultés que nous connaissons chacun dans nos villes respectives. La visite de la société des eaux était particulièrement passionnante.

A côté de ce processus environnemental, un processus démocratique est en train de voir le jour et qui est aussi très intéressant ! Me passionnant pour la participation citoyenne, je ne peux m’empêcher de prendre un peu de temps pour l’expliquer.

D’abord deux objectifs à atteindre : faire participer des personnes qui sont habituellement plus éloignées de la participation et élaborer une participation de co-construction.

Dans ce cadre, trois éléments sont mis en place :

1) le conseil de citoyens indépendants a vu le jour tout récemment après avoir été élaboré par un processus participatif concernant la forme que ce conseil devait prendre, son fonctionnement, … Dans ce cadre, des assises citoyennes réunissant plus de 800 personnes ont été organisées. Ce conseil sera composé de personnes qui seront, en partie, choisies sur une base de volontaires et, en partie, tirées au sort. Cette instance sera associée à toute prise de décisions avec intervention possible au conseil municipal (conseil municipal qui, soit dit en passant, peut être suivi en direct par les citoyens sur internet).
 





2) les budgets participatifs : un montant de 800 000 euros (actuellement car le but est d’atteindre les 2 millions d’euros) du budget d’investissements de la municipalité est consacré pour le budget participatif. Tout citoyen pourra déposer un projet et après examen de la faisabilité par l’administration, un vote sera organisé pour le choix des projets.

3) le droit d’interpellation au conseil municipal et de votation :
- Avec 2500 signatures, un point peut être mis en discussion au conseil municipal suivi d’un vote ;
- avec 8000 signatures, le point peut être soumis à votation.

A cela s’ajoute d’autres décisions ou projets intéressants : décision de suppression de la publicité sur les arrêts des transports en commun, un adjoint au maire spécifique à l’évaluation et la prospective, un conseil consultatif des résidents étrangers (d’autres villes en France ont mis aussi sur pied ce type de structure consultative), …

Alors je ne vais pas vous dire que tout ce qui se passe à Grenoble est parfait. Il y a comme dans toutes les localités des difficultés, des enjeux très difficiles notamment au niveau des finances, et ce d’autant plus quand on a un programme si ambitieux. Il faudra donc suivre tous ces projets et ces démarches. Des évaluations seront fondamentales.

Ce voyage a été pour moi passionnant par les discussions sur ces projets qui nous tiennent tous à cœur et qui ne sont pas toujours faciles à mettre en œuvre dans certaines de nos majorités, ici à Bruxelles. Nos échanges ne font que commencer, l’avenir a besoin de progressistes vu les nombreux défis qui nous attendent tous dans les prochaines années.




Je terminerai par une touche plus légère ; le match de rugby entre Grenoble et Toulouse ; découverte d’un sport et moment très agréable !