Le Blog de Magali Plovie, conseillère communale Ecolo à Forest

dimanche 11 juin 2017

Les écoles de Forest

En cette fin d’année scolaire, nous faisons le point sur cette dernière année particulièrement marquée par des questionnements  au sein des écoles communales de Forest.
Le Règlement d'ordre intérieur (ROI) de la commune, fortement remis en cause, a fait parler de lui bien au-delà des frontières de notre  commune. ECOLO n'a pas avalisé ce règlement mais a préconisé auprès des parents  de collaborer avec les directions, les enseignants et les éducateurs pour progresser vers une école plus ouverte et inclusive.
Aujourd’hui si nous attendons une évaluation définitive de ce ROI  l’ébauche qui est sur la table n'est pas satisfaisante et le processus en cours pose question.
Certaines écoles ont réussi à dépasser les tensions  et à rétablir un dialogue et une atmosphère d’apprentissage agréable pour tous. D’autres se sont par contre enlisées dans les tensions et nous ne pouvons que regretter cette triste évolution. Pour d’autres encore, c’est le silence par manque de représentation des parents. Pour ces dernières nous proposons un soutien à la participation des parents, en lien avec l’école et d’autres structures que leurs enfants fréquentent, comme les maisons de quartier ou les écoles de devoir.
Nous avons été interpellés par ces parents, ces enseignants, ces professionnels qui posent tous au final la même question : quelle école voulons-nous donner à nos enfants ? Et comment la construire à Forest ?
Pour qu’une école puisse être épanouissante et émancipatrice pour nos enfants, il faut que chaque acteur de l’école (direction, enseignants, éducateurs et parents) puisse être écouté et soutenu.
Riches de toutes ces réflexions, nous avons décidé de les poursuivre plus collectivement par différents moments dont le premier aura déjà lieu le 19 juin prochain par un ciné-club (voir agenda). Il se poursuivra en septembre par l’élaboration en commun d’un colloque qui traitera de ces questions.
Nous espérons vous voir nombreux et nombreuses à ces moments collectifs et constructifs !

mardi 7 mars 2017

Journée des droits des femmes : Résistons

Ces dernières années ont été marquées par des régressions sociales particulièrement inquiétantes. Mais, nous devons aussi déplorer ces derniers temps d’autres types de régressions, ceux qui attaquent nos fondements démocratiques. Cette évolution est progressive et se réalise par touches diffuses qui n’éveillent que trop peu de personnes, souvent les professionnels qui sont concernés par les mesures en question. Pourtant, quand on prend un peu de recul, il est indéniable que le mouvement touche bien aussi les droits humains et les libertés fondamentales : secret professionnel, limitation de l’accès à la justice, expulsion de certains étrangers sans décision de juges, volonté de sanctionner des avocats dans le cadre de certaines procédures en droit des étrangers,… Sans oublier, les pressions exercées sur les asbl dans certaines communes qui démontrent des dérives dans l’application des différents plans de lutte contre le terrorisme. Nous devons rester plus que jamais vigilants face à ces signes car n’oublions pas « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles ». 

Le cœur du projet d’Ecolo, a toujours été la  défense et le renforcement de la démocratie et des droits fondamentaux de toutes et tous. Nous luttons contre les pressions et les reculs avec les mobilisations citoyennes pour construire ensemble des résistances et des alternatives.

En cette journée des droits des femmes, prolongeons cette lutte qui a déjà commencé lors de la Marche des femmes de janvier dernier, durant  laquelle Angela Davis nous invitait à la résistance collective : « Nous considérons que nous sommes des agents collectifs de l’Histoire et que celle-ci ne peut pas être effacée comme on efface une page web. (…) Ceci est une Marche des femmes et cette Marche des femmes représente la promesse d’un féminisme qui se bat contre les pouvoirs pernicieux de la violence étatique. Un féminisme inclusif et intersectoriel qui nous invite toutes et tous à rejoindre la résistance face au racisme, à l’islamophobie, à l’antisémitisme, à la misogynie et à l’exploitation capitaliste. (…) Lutter pour le droit des femmes, c’est lutter pour les droits humains partout sur la planète ».

Nous résistons ! 
Magali PLOVIE & Alain MUGABO
Co-présidents de la locale Ecolo de Forest

dimanche 11 décembre 2016

Fin d'année 2016 ...

 Pour cette fin d'année, voici l'édito que Alain et moi avons publié :
 
Pour l’édito de cette newsletter, nous nous sommes replongés dans cette année.

Face à tous les événements qui ont jalonné 2016, nous avons d’abord été pris d’effroi ; rappelons-nous évidemment de la journée du 22 mars et du déploiement des mesures sécuritaires qui a marqué nos rues et nos vies.

Nous devons cependant constater que la violence n’est pas uniquement liée au terrorisme, elle est aussi sociétale avec un gouvernement dont les mesures visent la régression des droits (diminution d’accès à la justice et d’accès aux soins de santé, travail obligatoire pour les personnes bénéficiaires d’allocations,...), l’accroissement des exclusions et le rejet des étrangers (dont notamment les dernières déclarations du Secrétaire d’Etat Théo Francken sur l’enfermement des familles avec enfants). Au niveau international, l’avènement et le renforcement de plusieurs dirigeants ultra conservateurs voire fascistes accroissent notre inquiétude. Indubitablement, notre société s’enfonce dans les crises auxquelles il est répondu par des régressions d’acquis sociaux et le refus de traiter des enjeux prioritaires : démocratiques, environnementaux, économiques et financiers, sociaux, … Cette évolution ne se constate malheureusement pas que dans les décisions des grands dirigeants de ce monde et de notre gouvernement. Elle conquiert de plus en plus les esprits jusque dans nos localités, parfois là où on ne l’attend pas. Le discours de la primauté des devoirs et de la responsabilisation des individus ainsi que du choix de la facilité et de l’efficience au détriment des droits et du bien-être de la population devient monnaie courante.

Pourtant, nous ne pouvons nous résigner au défaitisme. 2016 est aussi une année où de nombreux citoyens se sont mobilisés pour recréer la solidarité (et non la charité), mener des débats sur des vrais enjeux sociétaux et créer des structures menant à des améliorations de la vie quotidienne. Nous pensons qu’il faut combattre la dictature de la facilité et de la peur et réitérer les valeurs de démocratie, de justice sociale et des droits de l’homme. Nous pensons que le changement ne viendra que par un travail que nous pourrons mener avec les citoyens. C’est ensemble et avec ténacité que nous pourrons écrire les lignes d’un futur basé sur ces valeurs.

C’est avec ce message d’espoir que nous vous souhaitons de bonnes fêtes et que nous vous donnons rendez-vous à l’année prochaine !

 
Magali PLOVIE & Alain MUGABO
Co-présidents de la locale Ecolo de Forest

mardi 23 août 2016

Pourquoi Ecolo a voté contre le nouveau règlement des écoles communales ?

Ce mardi 5 juillet, le Conseil Communal a adopté un nouveau règlement d’ordre intérieur (ROI) pour toutes les écoles communales de Forest. Ce règlement prévoit de nouvelles dispositions censées réguler la gestion des arrivées tardives.
Ecolo est bien conscient des difficultés vécues par les directions des écoles et le corps enseignant de toutes les écoles face à de nombreux retards de certains élèves et le sentiment d’impuissance par rapport à certaines situations. Il est important pour nous d’être à l’écoute de cette réalité et de pouvoir les soutenir dans la recherche de solutions.
Cependant, les mesures proposées dans ce règlement nous semblent disproportionnées, à bien des égards, et risquent d’accentuer à terme le risque d’exclusions et de décrochage scolaire.
C’est pourquoi, les conseillers communaux se sont opposés à ce texte.


Comment se fait-il qu’un règlement prévoyant la gestion des retards est présenté au conseil communal ?

En novembre dernier, lorsque le Gouvernement a décidé d’élever le niveau de menace à son maximum, toutes les écoles de la Communauté Française ont été invitées à prendre des mesures strictes en vue de garantir la sécurité des élèves. Les écoles devaient notamment fermer les portes d’entrée à 8h25 et ne plus autoriser l’accès, passée cette heure. Ces mesures devaient donc être temporaires et devaient logiquement prendre fin à la sortie du niveau de sécurité maximal.
Cependant, constatant une diminution significative des retards, les directions des écoles et les responsables de l’instruction publique ont décidé de maintenir ces mesures, malgré la levée de l’alerte maximael, et de les renforcer en prévoyant la possibilité d’exclure des élèves après deux retards.

La commune doit-elle de soutenir les directions d’école dans la lutte contre les retards ?

Oui bien-sûr. Ecolo est clair et ferme sur ce point : L’horaire du début des cours est connu de tous et doit être respecté.
Les arrivées tardives perturbent, non seulement le bon déroulement des cours mais empêchent également l’élève retardataire de suivre adéquatement les cours, ce qui peut avoir des conséquences sur sa bonne compréhension des matières.

Alors, pourquoi Ecolo ne soutient pas le projet de règlement d’ordre intérieur (ROI) ?

Parce qu’un enfant, a fortiori de primaire et maternelle, n’est pas, pour la majorité des cas, responsable de son retard et du fait des perturbations qu’entraine son retard sur les autres enfants. L’enfant retardataire est même la première victime de ses retards.
C’est pourtant l’enfant qui est visé dans ce ROI et qui encourt le risque de décrochage scolaire.
Ecolo déplore ces sanctions disproportionnées, qui vont à l’encontre du droit fondamental  pour tous les enfants à recevoir une instruction.

Que propose Ecolo, alors ?
Ecolo demande qu’une évaluation soit rapidement menée en concertation avec le monde de l’école (direction, organisation syndicale représentative des enseignants, organisations de parent) pour établir une analyse fine des causes des retards « chroniques » et élaborer une stratégie de lutte contre les retards.
Par ailleurs, plusieurs écoles d’autres communes ont été confrontées à ce type de problèmes et ont réussi à trouver des solutions équilibrées, diminuant significativement les retards tout en garantissant l’accès à l’instruction publique à tous les enfants. Ces solutions passent souvent, pour les « retardataires  chroniques », par un dialogue continu entre la direction, les parents et le centre PMS.
Nous pensons que des solutions respectueuses tant des horaires et des droits de l’enfant doivent être implantées à Forest

Au-delà de ce règlement pour les écoles et de ce vote négatif, il est clair qu’il est important pour nous de poursuivre notre travail au sein de la majorité de manière sereine et constructive pour une commune plus verte, durable et solidaire.

vendredi 29 avril 2016

Tous ensemble !



Ce dimanche sera un 1er mai particulier à maints égards. Tout d’abord, hors les activités de la FGTB et les concerts prévus, tout le reste de la société civile est écarté des festivités de la Place Rouppe pour des raisons de sécurité. Nous en sommes particulièrement peinés car cette décision démontre à quel point nos activités sont ébranlées par la terreur et que le sécuritaire a pris le pas sur nos vies. A cela s’ajoute un contexte politique qui aurait justifié en ce 1er mai une mobilisation particulièrement importante, notamment la volonté du Ministre Peeters d’adopter des mesures visant la régression du droit du travail telles que l'annualisation du temps de travail, la fin de la semaine des 38H, mais aussi de nouvelles mesures sur les heures supplémentaires. Alors que le gouvernement fédéral se dirige donc vers une flexibilisation accrue des contrats de travail et espèrent toujours un retour de croissance pour créer des emplois, Ecolo, lors de l’écolab du 24 avril dernier, s’est prononcé pour la semaine des 4 jours avec embauche compensatoire. La redistribution du temps de travail telle que nous la proposons via la semaine de quatre jours, peut contribuer à la création de nouveaux emplois, à une amélioration de la qualité du travail et à une meilleure distribution des richesses sans accentuer la pression sur les ressources naturelles[1].

En France, une mobilisation forte s’est développée contre la réforme du code du travail, et réunit chaque soir sur la Place de la République à Paris mais aussi dans d’autres villes, des jeunes, des syndicalistes, des intellectuels, … : c’est « Nuit debout ». Visant au départ à faire abandonner par le Gouvernement la réforme du Code du travail, cette mobilisation s’est muée en un mouvement plus général de contestation de notre société néolibérale et de ses impacts désastreux sur la population, surtout pour les plus vulnérables. Ce mouvement s’est aussi créé à Bruxelles[2] et dans quelques villes belges et est principalement centré sur une remise en cause de la société en générale. Cette mobilisation ne prend cependant pas la même ampleur que celle à Paris. Nous aurions pourtant pu nous attendre à une mobilisation de plus grande envergure vu les nombreuses mesures et déclarations du Gouvernement fédéral qui progressivement écorchent notre Etat de droit et laminent notre démocratie. Régulièrement, des syndicats, des groupes de citoyens comme « Tout autre chose », des ONG[3], des intellectuels dénoncent cette situation, mais le plus souvent de manière cloisonnée. Et si ces mouvements se rassemblaient, quelle serait alors la force de frappe ? Et si le rassemblement de toutes ces forces, c’était ce 1er mai ? Alors peut-être que ce serait le début d’une mobilisation suffisamment importante pour faire front face aux réformes et à la régression de nos droits que le gouvernement fédéral imposent et pour faire émerger un autre projet de société. Ce ne sera possible que tous ensemble. C’est pour cette raison qu’Ecolo sera Place Rouppe ce dimanche. Nous espérons vous y voir nombreux et pourquoi pas poursuivre par la suite au Mont des arts !

Magali Plovie & David Leclecq 


[1] http://www.ecolo.be/?ecolab-redistribution-du-temps-de
[2] Nuit Debout se réunit chaque soir au Mont des Arts
[3] Voir pétition sur le site de la ligue contre la Loi Peeters : https://www.change.org/p/kris-peeters-vice-premier-ministre-belge-et-ministre-de-l-emploi-de-l-economie-loi-peeters-wet-peeters-non-merci-nee-bedankt?recruiter=528980576&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

mercredi 9 mars 2016

journée des droits des femmes

Au conseil communal d’hier soir, chaque groupe politique, sauf le MR, est intervenu pour parler des droits des femmes : les femmes comme armes de guerre dont certaines sont les réfugiées que nous accueillons (ou que certains s’efforcent de ne pas accueillir) sur notre territoire, budget genré, précarité des femmes (familles mono-parentales), … Si certains n’y ont pas vu d’intérêt, ne voyant à cet exercice que des paroles en l’air, j’y ai vu pour ma part un moment important qui a permis de rendre hommage, de sensibiliser à certaines situations et d’émettre des propositions. J’aurais préféré un autre climat qui nous aurait permis de faire ces interventions et mener un débat de qualité, mais je reste convaincue que nous pourrons dans l’avenir poursuivre ce travail avec ceux qui hier soir y ont vu un intérêt #‎PS‬#défi#CDH

Et voici l'intervention du Groupe Ecolo :

De tout temps, lors des guerres, les femmes ont fait l’objet de crimes sexuels. Ce phénomène semble cependant s’intensifier avec les guerres de ces dernières décennies (notamment Kosovo, Darfour, Colombie, Nigéria, Congo, Irak, Syrie). Il y a deux façons de tuer son ennemi : le tuer tout simplement ou s’emparer des femmes de sa famille, les torturer, les violer et le faire savoir. Jean Bofane dans son livre décrit cet élément : « Il fallait causer des dégâts irrémédiables, sans appel, faire couler le sang à profusion et atteindre le paroxysme de la douleur. Les maris assistant au viol ou au carnage devenaient impuissants pour toujours. Il paraissait alors utile que quelques uns restent vivants, pour qu’ils soient des témoins (1). » N’oublions pas non plus d’autres pratiques comme celles de l’enlèvement où les femmes deviennent des esclaves sexuelles ou sont mariées de force. Ces pratiques visent à faire exploser les communautés d’où ces femmes viennent.
Ces victimes par après subissent l’opprobre de leur famille et sont stigmatisées. Elles sont souvent exclues de leurs groupes qui ne veulent ou ne peuvent assumer le déshonneur ; jetées à la rue sans ressources et sans personne, elles deviennent alors prisonnières de la honte et de la peur.
Une avancée importante à été effectuée par la reconnaissance du viol comme arme de guerre par le Tribunal pénal international pour le Rwanda. Une résolution a été par ailleurs adoptée par le conseil de sécurité invitant les gouvernements à prendre des mesures spéciales pour protéger les femmes et les filles contre les violences sexistes lors d’un conflit armé. Outre cette protection particulière, les nations unies défendent aussi de leur accorder des réparations. Des projets existent aussi pour soutenir les femmes victimes de ces agissements qui sont rejetées de leur communauté. Ces mesures ne permettent hélas pas d’empêcher ces exactions mais permettent de reconstruire par la suite la société. Le Haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme lors d’une rencontre avec un groupe de femmes en RDC rapportait ces propos, concernant les réparations : « Elles ont clairement dit à notre équipe : s’il vous plaît, ne nous laissez pas d’argent car ils le sauront, ils viendront nous le voler et nous feront du mal à nouveau. Alors nous leur avons demandé ce qu’elles souhaitaient. Certaines ont avancé l’idée de dresser des monuments pour commémorer les évènements qui s’étaient produits ; d’autres, de bâtir des écoles pour leurs enfants. Enfin, un autre groupe de femmes a demandé un bateau pour pouvoir transporter les fruits et légumes qu’elles cultivent jusqu’au marché afin de les vendre (2)» Protéger et prévoir des réparations, en consultant les femmes, c’est bien participer à la reconstruction de la société qui a été meurtrie par la guerre.
Le groupe Ecolo voulait, en cette journée des droits des femmes, rendre hommage à toutes ces femmes qui ont été ou qui sont utilisées comme armes de guerre et qui se retrouvent aussi dans les rangs des réfugiés qui viennent trouver refuge dans nos pays européens.



1. Citation reprise dans l’article de Sabine Scharder, « Le corps des femmes comme champ de bataille », Espace de Libertés, janvier 2016, p.25.
2. Citation reprise dans l’article de Julia Crawford, « Le viol comme arme de guerre », Fondation Hirondelle, 12 mai 2015
http://www.justiceinfo.net/fr/tribunaux/tpir/151-le-viol-comme-arme-de-guerre.html

mardi 12 janvier 2016

Faire face à la montée des océans, des attentats et du fascisme



Nous avons connu en 2015 bien sûr ces actes de terrorisme qui ont jeté l’effroi. Les réponses uniquement sécuritaires qui y ont été données, jusqu’à une immobilisation totale de Bruxelles, posent de véritables questions en terme de démocratie. Nombreux ont été les forestois-e-s qui ont manifesté leur incompréhension et leur crainte devant ces mesures. Nous avons vu l’arrivée de personnes qui ont fui des guerres et nous avons été témoins de l’incapacité de l’Etat à déployer rapidement un accueil digne. Ce seront des citoyens, et notamment des forestois-e-s, qui devront se mobiliser pour permettre cet accueil.  La Belgique s’est vue aussi « gratifier » d’un  « prix Fossile » pour n’avoir pas pu aboutir à un accord avant la COP 21 sur le réchauffement climatique. Les premières victimes de celui-ci seront les peuples du sud, risquant de créer d’autres vagues de réfugiés climatiques qui viendront gonfler le nombre de ceux qui fuient déjà guerres et inégalités criantes. Et hélas nous devons terminer ce tableau noir par la montée des partis fascistes un peu partout en Europe, et le recul de nombreux acquis sociaux, qui vont souvent de pair.

Pourtant, nous ne pourrons sortir de ce marasme que par la consolidation de nos droits fondamentaux et par une démocratie forte, ce qui nécessite le renforcement de ses piliers et une véritable place pour les citoyens à travers des processus participatifs développés et adéquats. Nous aurions préféré que les 400 millions d’euros trouvés en urgence pour la sécurité soient plutôt investis depuis plusieurs années, notamment, dans l’enseignement pour qu’il devienne enfin un vecteur d’émancipation et d’égalité, dans une économie favorisant les emplois durables, de qualité et non discriminants, dans la santé, la culture, ou pour rendre nos quartiers plus agréables à vivre.

2015 aura été notre piqure de rappel ; que rien n’est acquis et qu’il ne faut jamais lever la garde ! Ne nous laissons pas abattre, les sources de changements sont entre nos mains. Nourrissons-nous de ces multiples perles d’humanité qui nous entourent et qui illuminent quotidiennement nos vies. Il faut les serrer dans nos poings et les disperser autour de nous, surtout là où elles ont disparu. Restons vigilants et résistons aux multiples marées destructrices. N’oublions pas l’héritage de Stéphane Hessel « La pire des attitudes est l'indifférence », alors Indignons-nous ! Que cette année 2016 soit celle de nos combats.

Magali Plovie et David Leclercq