Le Blog de Magali Plovie, conseillère communale Ecolo à Forest

jeudi 28 mars 2013

Adoption du budget au conseil communal de Forest



Mardi, je suis intervenue pour le Groupe Ecolo concernant le budget de la Commune de Forest.  

Face au déficit de la commune, nous avons rappelé l’importance de travailler tant sur les dépenses de manière globale que sur les recettes et les taxes, ainsi que sur les opportunités de financements du Fédéral, de la Région et de l’Europe. Nous voulons que, dans le plan triennal, nous puissions mettre les mesures nécessaires pour infléchir le budget vers une meilleure tendance et tendre vers un équilibre, tout en assurant à la population Forestoise un cadre agréable à vivre, avec des équipements collectifs accessibles et de qualité, tout en veillant aux plus démunis : dignité et bien-être. 

Nous avons insisté pour poursuivre une politique de soutien à sa population, y compris les plus fragilisés et les plus précarisés.  La solidarité est notre seul moyen pour assurer à l’ensemble de la population la possibilité de mieux vivre ensemble et dans la dignité.  Si nous perdons cet objectif, nous créerons dans notre commune des tensions extrêmement graves. 

Enfin, nous avons demandé de travailler sur le budget pour le rendre transparent et le plus compréhensible pour la population. Ce budget devra être publié pour la population. Dans cette même logique, nous prônons la mise en place d’un budget participatif.  J’en profite pour publier ci-dessous un article que j’avais écrit en septembre dernier avec Loïc GERONNEZ.
Pour voir l’intervention du Groupe Ecolo concernant le budget 2013 de la Commune de Forest : Adoption du budget




Mise en place d’un budget participatif



En 1989, l’expérience des budgets participatifs est lancée dans la ville de Porto Alegre, avec pour but de permettre aux citoyens non élus de participer à la répartition des moyens publics.

Cette expérience, menée à Porto Alegre depuis maintenant plus de vingt ans avec un réel succès, amène d’autres villes des pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Europe à se lancer dans ce processus participatif. La ville d’Aubagne en est un exemple. Depuis 2005, les habitants de cette petite ville du Sud de la France ont la possibilité de participer activement à la construction du budget de la ville tout au long de l’année, à l’occasion des conseils de quartier et de divers ateliers.

Le budget participatif se révèle être un dispositif original, cohérent et très fonctionnel. Il s’organise d’abord sur une base territoriale : tous les citoyens sont invités à se rassembler par quartier et à faire remonter les projets dont ils ressentent la nécessité. Ils désignent à cette occasion des citoyens qui constitueront le Conseil du Budget Participatif et seront chargés de hiérarchiser ces projets à l’aide de critères équitables. Ils doivent ensuite rendre compte aux citoyens de leurs quartiers de la hiérarchisation réalisée.

Cette émergence des projets peut également être organisée sur base thématique (ex : le logement,…). La combinaison de l’entrée par le territoire (le quartier) et par le thème permet ainsi d’avoir une vision globale pour la commune. Les projets des différentes Assemblées de Quartier et des commissions thématiques sont ensuite présentés aux autorités locales en vue de l’élaboration du budget de la ville.

Le projet des budgets participatifs permet de créer une nouvelle culture démocratique, basée sur la transparence, l’information et l’équité. Il est mobilisateur en permettant aux citoyens d’exercer leur citoyenneté tout au long de la législature et non uniquement au moment des élections. Il permet aussi de créer une nouvelle relation entre les citoyens et les élus.


Ricard GOMA, adjoint au maire de Barcelone, et président de la Commission « Inclusion Sociale et Démocratie participative », souligne l’intérêt des budgets participatifs :

« Une politique de démocratie locale acquiert sa légitimité lorsqu’elle encourage le dynamisme de la société, lorsque tous les acteurs travaillent ensemble sur le développement humain. C’est en combinant les démocraties délibérative et participative que les élus et les citoyens sont capables d’améliorer l’action publique. »

 

Et pourquoi pas des budgets participatifs à Forest ?

ECOLO s’engage à initier ce mode de gouvernance pour la prochaine législature en suivant différentes étapes :
  • Rendre accessible la compréhension du Budget Communal à tous les citoyens:
    • par un travail sur la présentation du budget, en réorganisant l’information par thématique (logement, enseignement, travaux publics…);
    • par un travail d’explication du fonctionnement du budget communal.
  • Déterminer les règles du budget participatif qui seront ensuite débattues avec les citoyens;
  • Déterminer les lignes budgétaires qui seront soumises à un processus de décision partagée entre les citoyens et les élus.
    Un montant d’investissement sera déterminé afin d’être utilisés pour développer les projets portés par les citoyens au cours de l’élaboration du budget.
Dans le cadre de grandes difficultés financières, certaines villes du Brésil ont pu mobiliser leurs populations autour de cette expérience. D’autres villes les ont suivies en Europe et dans le monde.
  • Elles ont redonné du sens à leur régime démocratique;
  • Elles ont amélioré la gestion de l’argent public en augmentant la transparence sur son utilisation;
  • Elles ont amélioré l’équité des investissements réalisés en impliquant davantage les citoyens dans la détermination des priorités.
Je suis convaincue que, dans une période où les finances communales ne sont pas toujours au beau fixe, ce processus pourra participer à l’instauration d’une nouvelle gouvernance au sein de la commune, mobilisant les citoyens Forestois.

jeudi 21 mars 2013

Les mesures fédérales de contrôle des chômeurs suscitent de nombreuses inquiétudes



Les mesures fédérales de contrôle des chômeurs suscitent de nombreuses inquiétudes

Suite à l’article paru dans Le Soir du 25 février dernier concernant le suivi des chômeurs, j’ai interpellé la Ministre de l’Emploi, Céline FREMAULT.

Il est prévu dans l’accord du Gouvernement Fédéral de décembre 2011 de nouvelles mesures visant à réformer le marché du travail ; cet accord prévoit notamment :

  • une politique de dégressivité des allocations de chômage ;
  • une augmentation de l’âge du contrôle de la disponibilité active des demandeurs d’emploi, augmentée à 55 ans à partir de 2013 et à 58 ans en 2016 ;
  • une réforme du stage d’attente ;
  • un nouveau régime pour les travailleurs à temps partiel ;
  • l’élargissement de la notion d’ « emploi convenable ».

Ces nouvelles réformes sont inquiétantes et ce, d’autant qu’elles sont adoptées dans le contexte actuel de crise économique et financière. A croire que certains pensent encore qu’une situation de plein emploi est possible…

Il en découle de nombreux risques :

  • une pression plus grande sur les demandeurs d’emploi sans tenir compte du contexte économique global. Actuellement à Bruxelles, il existe pour les chômeurs peu qualifiés, et moins d’une offre d’emploi pour 100 candidats ;
  • un report de la charge des demandeurs d’emplois exclus sur les CPAS ;
  • un risque de compromettre davantage la qualité et la crédibilité de l’accompagnement mené par les Régions au travers de leur implication dans le contrôle des demandeurs d’emploi via la transmission des données à l’ONEM.

La Ministre, dans sa réponse, a confirmé que ces mesures allaient avoir un impact sur l’accompagnement que la Région organise auprès des demandeurs d’emploi. L’accord de coopération en la matière entre le Fédéral et les Régions est d’ailleurs en cours de révision afin d’intégrer des modifications nécessaires telles que l’élargissement du public cible accompagné, un suivi plus rapide, des trajets spécifiques pour certains demandeurs d’emploi ou l’application d’un seul plan d’action par demandeur d’emploi. Cette révision de l’accord de coopération de 2004 implique des missions complémentaires pour les Régions et nécessite dès lors des moyens financiers supplémentaires, ce qui est en cours de négociation.

Le Groupe Ecolo est indigné par les mesures injustes qui sont prises par le Gouvernement Fédéral ; il restera attentif à l’impact de ces mesures sur la qualité de l’accompagnement des demandeurs d’emploi et sur les compétences et les budgets de la Région Bruxelloise et des Communes. Nous serons aussi attentifs à l’évolution de ce dossier dans le cadre du transfert de la compétence du contrôle des demandeurs d’emploi. Comme les acteurs de terrain l’ont régulièrement relayé, le contrôle et l’accompagnement des demandeurs d’emploi doivent être strictement scindés. Il restera à poursuivre la préparation de ce transfert de compétences dans les prochains mois.

Compte-rendu de l'échange (en page 6)





mardi 12 mars 2013

Orienter dès maintenant la formation à Bruxelles vers une transition juste et écologique


Orienter dès maintenant la formation à Bruxelles vers une transition juste et écologique 


La société que nous connaissons va devoir inéluctablement connaître des transitions importantes dans les prochaines années. Et Bruxelles va devoir s’y préparer : au sein d’Ecolo, nous considérons que ces transformations vont devoir s’orienter vers le secteur de l’environnement (ce processus a été entamé par l’alliance emploi-environnement), mais aussi vers une meilleure prise en compte des besoins actuels et futurs des bruxellois.
                                      
Il y a actuellement des besoins importants auxquels il faudrait mieux répondre ; avec le boom démographique, cela ne va aller qu’en s’accroissant. Répondre à ces besoins est source d’amélioration du bien-être de la population, mais aussi source d’emplois et de richesses pour les Bruxellois (ou en tout cas, cela doit être le cas). Face à ces besoins, des secteurs comme ceux de l’enseignement, de l’accueil de la petite enfance, de la santé ainsi que des soins et aides aux personnes âgées sont des secteurs fondamentaux. Des études parlent de 6.000 à 10.000 emplois qui pourraient être créés dans ces secteurs à l’horizon 2020.

D’où l’importance de former dès maintenant les demandeurs d’emploi bruxellois à ces métiers. Il est vrai que, pour le développement de certains métiers comme le métier des infirmiers, l’orientation vers la formation n’est pas l’unique solution : il également travailler sur la revalorisation de ces professions, la possibilité de conserver les allocations de chômage si de telles études sont suivies, l’amélioration des conditions de travail et de la rémunération.

A l’heure du risque croissant des délocalisations et de la nécessité de voir se développer en Région Bruxelloise des activités qui répondent davantage aux besoins des Bruxellois, il est nécessaire de favoriser la promotion de métiers qui répondent à ces besoins et qui sont susceptibles d’être durables.

Au-delà de l’examen des manques actuels, il faut orienter dès maintenant les formations vers les secteurs liés à l’environnement, à l’enseignement, à l’accueil de la petite enfance, à la santé, aux services des personnes âgées, entre autres …

J’ai interpellé le Ministre CEREXHE à ce sujet – lien publié dès parution du compte-rendu



vendredi 8 mars 2013

8 mars - Journée de la Femme



8 mars - Journée de la Femme

En cette journée du 8 mars, Journée des Femmes, le Parlement Bruxellois tenait une séance spéciale.  J’y ai amené la problématique des familles monoparentales.

Quatre chefs de famille monoparentales sur cinq sont des femmes, et seulement 46% des mères isolées, âgées entre 25 et 44 ans, ont un emploi en Région Bruxelloise.
Parmi le facteur de pauvreté des familles monoparentales : les difficultés liées à l’accès à l’emploi et le manque de places d’accueil pour les enfants des femmes qui travaillent ou sont en fonction sont, avec le logement, impondérables.
Des constats qui sont renouvelés chaque année dans le Baromètre Bruxellois de la Pauvreté publié par l’Observatoire de la Santé et du Social, sans qu’on ne décèle malheureusement d’améliorations visibles.
J’ai interpellé le ministre de l’emploi à ce sujet (Compte-rendu de la séance plénière du 08/03/2013)
Mais prioritairement, il est fondamental de revoir la politique menée par le gouvernement fédéral.
En effet, si la crise touche l’ensemble de la population, les femmes sont particulièrement touchées par les mesures d’austérité du gouvernement fédéral.
Dans ce contexte, nous exigeons du gouvernement fédéral qu’il mette tout en œuvre pour assurer l’égalité effective entre les hommes et les femmes, notamment en matière de rémunérations et de pressions, mais aussi en matière d’accès au travail et aux allocations.

vendredi 1 mars 2013

Un plan pour les personnes âgées à Bruxelles



Un plan pour les personnes âgées à Bruxelles

Nous allons connaître d’ici quelques années une véritable explosion démographique concernant les personnes âgées à Bruxelles. Une augmentation certes moins importante que dans les autres Régions, mais si on en croit certaines estimations, on parle quand même de 183.000 personnes qui auront plus de 65 ans en 2025. Près de 4,1 % de la population de Bruxelles aura même plus de 80 ans. Un véritable papy et mamy-boom.

Bruxelles possède quelques spécificités dont il faut tenir compte : particularité liée à l’importance de la situation précaire d’un certain nombre de personnes âgées, l’accroissement du nombre de personnes d’origine étrangère (20% des personnes étrangères ont plus de 70 ans) ; particularité liée aux difficultés de ne pouvoir rester à son domicile aussi longtemps qu’on le souhaite ou qu’il est possible ; particularité relative à l’éclatement des politiques entre entités compétentes.

A ces éléments, il faut ajouter la réforme institutionnelle. Puisque la politique des personnes âgées va prochainement être transférée et qu’il reste de nombreuses inconnues, dont celles relatives au financement. En effet, certains annoncent, vu les clés de financement prévues dans l’accord institutionnel, des difficultés financières à partir de 2025.  Il sera nécessaire, pour éviter de ne pouvoir faire face dans 10 ans à nos obligations liées à ces transferts, de, dès à présent, prévoir les engagements et les investissements dans des structures et des services permettant par exemple un maintien à domicile plus adéquat et plus long.

Vu les éléments démographiques et les enjeux institutionnels, il est important de pouvoir mener une politique globale, cohérente et intégrée des personnes âgées. Ce qui nécessite des engagements de tous les ministres compétents sur Bruxelles à partir de leurs différentes compétences : logement, aides et soins, mobilité, aménagement du territoire, cohésion sociale, … Le logement est évidemment un élément très important en termes d’adaptabilité et d’accessibilité, mais aussi d’alternatives au domicile classique et aux maisons de repos.

Un plan personnes âgées est donc fondamental. Mes questions au Ministre MADRANE ont porté sur la préparation d’un tel plan pour les personnes âgées à Bruxelles.

Compte-rendu de la séance plénière du 11 janvier 2013