Le Blog de Magali Plovie, conseillère communale Ecolo à Forest

vendredi 20 décembre 2013

Traité budgétaire européen : Simple ne veut pas dire facile



Nous, parlementaires, votons des dizaines de textes. Et, dans la majorité à la Région, passons une partie de nos vendredis en séance plénière à appuyer sur le petit bouton vert. Ce geste est simple et assumé. Il est la plupart du temps la conclusion, d'heures, de journées, de semaines de négociations sur les textes, au niveau du Gouvernement, mais aussi du Parlement. Le fruit de compromis, forcément.

Ce vendredi, les textes relatifs à l'assentiment et la mise en œuvre du traité budgétaire européen (le fameux TSCG) ont été soumis au vote dans les assemblée Bruxelloise : le Parlement bruxellois, les Assemblées de la Cocom et la Cocof.

Et, cette fois-ci, le vote n'a pas été un geste simple ; ni un geste facile pour le groupe Ecolo.

Nous, écologistes, sommes convaincus par le projet européen, en tant que promesse de paix, de prospérité partagée, de solidarité et de capacité à répondre aux défis environnementaux. Mais pas convaincus du tout par les dérives  néo-libérales de l'Europe, celles de la concurrence à tout prix et des marchés financiers débridés .

L’Europe que nous appelons de nos vœux, que nous défendons démocratiquement au sein des institutions, c’est une Europe juste, solidaire, qui défend son modèle social et qui n’est pas sourde face à l’angoisse de ses citoyens. Tout le contraire donc de l’Europe de l’austérité, incarnée par le TSCG.

Car c'est précisément l'austérité qui est l'objet quasi unique de ce traité. Comme si l'objectif d’équilibre des finances publiques pouvait, à lui seul, apporter une solution aux crises économique, sociale et environnementale que nous traversons. L’austérité aveugle, linéaire, exclusive de toute autre mesure, qui ne tient donc compte ni des conséquences sociales, ni des conséquences économiques, ni des conséquences environnementales  -la rigueur budgétaire pour la rigueur budgétaire -ne nous aidera pas à sortir de la crise que nous traversons. Nous en sommes convaincus. Nous ne voulons pas d'une Région en équilibre budgétaire, sur un champ de ruines sociales et environnementales.
C’est pourquoi, partout où nous le pouvions, Ecolo a préféré prendre ses responsabilités et être acteur de changement en introduisant dans les textes de transposition régionaux du traité  des dispositions qui garantissent qu’on préserve aussi l’équilibre social et environnemental des politiques publiques, et ce dans la mise en œuvre concrète des dispositions prévues par la traité.
 Ecolo a aussi introduit des objectifs  démocratiques dans la mise en œuvre de ce traité, en y associant le parlement ainsi que les partenaires sociaux.

Tout ceci se traduit par plusieurs dispositions présentes dans le texte d’assentiment à l’accord de coopération tels que notamment :  la mise sur un pied d'égalité l'objectif budgétaire et les objectifs sociaux et environnementaux de la stratégie EU2020 ; un mécanisme d’analyse ex ante et ex post de l’impact en terme social, environnemental et de genre des mesures du plan de correction par rapport aux engagements pris dans la stratégie Eu2020; veiller à ce que le plan de correction s’appuie autant sur les dépenses que sur les recettes et préserve les mécanismes de solidarité prévus dans la sécurité sociale belge.

Ce sont ces dispositions donc, qui figurent dans les textes régionaux ou communautaires d’assentiment à l’Accord de coopération, qui constituent à nos yeux de réelles avancées par rapport au traité budgétaire, et qui explique que nous avons voté majoritairement ceux-ci, avec une abstention symbolique forte de nos chefs de groupe à Bruxelles.

Mais ce soutien n'a été ni naïf, ni aveugle aux risques intrinsèques au TSCG, ni inconscient des intentions de certains dont la règle d'or budgétaire serait le Graal. Notre soutien est en nuance et en complexité, loin des dogmes, donc, mais aussi loin des dérives populistes. Entre le courage politique, le sens des responsabilités et le respect de nos propres valeurs, le chemin est tortueux et nous l'empruntons.

Ce traité, il est vrai, on aurait préféré qu’il n’existât pas. Mais il existe et il est soumis à notre vote. Cet acte simple mais difficile, nous l’avons fait, conscients de notre responsabilité démocratique à peser sur le réel, à infléchir les politiques qui nous révoltent, à agir plutôt que subir. Ce n’est ni simple, ni facile.


Arnaud Pinxteren
Magali Plovie
Alain Maron
Ahmed Mouhssin

vendredi 13 décembre 2013

Le budget de la cocom : le dernier avant une transformation fondamentale de la cocom


Ce budget 2014 de la Cocom est historique : c'est en effet la dernière fois qu'il se présente sous cette forme. Dès l'an prochain, nous hériterons de nouvelles compétences et de nouveaux moyens. Pour Ecolo, ce véritable tournant doit être l'opportunité de repenser les politiques sociales et de santé de manière globale ; j'y reviendrai plus tard.

En attendant cette échéance, nous sommes face à un budget qui a été façonné selon la même logique que ces dernières années ; ses dotations trop étriquées ne lui permettant pas de pouvoir développer les projets qui sont pourtant prêts à se déployer, la Cocom doit se contenter de se concentrer sur les urgences et de restreindre ses élans parfois trop ambitieux.

Faut-il rappeler ces chiffres mille fois répétés dans cette assemblée ? Un taux de chômage de 20 %, plus de 37.000 Bruxellois qui bénéficient d'un revenu d'intégration sociale ou d'un équivalent, plus de 45.000 personnes endettées, un tiers de la population qui vit sous le seuil de pauvreté, un enfant sur quatre vivant dans un ménage où il n’y a pas de revenus du travail. Comment s'étonner dans ces conditions qu'un quart des Bruxellois doit repousser des soins de santé ?

Face à ces situations insupportables qui sont régulièrement à l’ordre du jour des débats de cette assemblée, il n’est pas surprenant que les bancs parlementaires soient si peu fournis : difficile en effet d'affronter la dure réalité !

Certes, ces chiffres sont connus depuis longtemps. Mais ils ne vont que crescendo et montrent l’ampleur des défis. Il serait toutefois erroné de pointer la Cocom comme responsable de cette situation. Ses compétences sont en effet essentiellement curatives, et elle ne vient que réparer les dégâts provoqués par d'autres. Et ce, avec ses moyens limités, des moyens dont on peut même dire qu’ils ne sont pas à la hauteur des défis. Or, l'adage est bien connu : il vaut mieux prévenir que guérir. C'est donc bien par les politiques régionales et surtout fédérales qu’il est possible de lutter durablement contre la pauvreté, et non via la Cocom.

Or, que constate-t-on ces derniers temps ? Depuis deux ans, l’État fédéral ne fait qu'adopter des mesures qui font peser très lourdement la crise sur les citoyens, en organisant l’exclusion d’une grande partie de ceux-ci, les plus fragiles, les plus précarisés, les plus isolés. Les mesures telles que les exclusions des demandeurs d'emploi, la dégressivité des allocations de chômage, l’allongement du stage d’insertion vont provoquer une précarisation d’une part importante de la population.

Dans ce contexte, ne soyons dès lors pas étonnés de voir les problèmes de surendettement augmenter et prendre une place importante dans les médias. Ne soyons pas plus étonnés de voir une augmentation des souffrances psychiques.

Malgré les services en place, l’accès aux soins de santé mentale reste problématique, notamment pour des raisons d’inégalités sociales et financières qui poussent à un report de consultation, deux fois plus à Bruxelles (17%) qu’en Belgique (8,7%). De manière plus large, la question de l’accès à la santé est problématique pour une partie de la population bruxelloise. On ne peut dès lors que se réjouir du nouveau financement que les ministres de la Santé ont décidé d'accorder à Médecins du Monde pour les sans-abris.

Mais là encore, ce n'est qu'un emplâtre sur une jambe de bois : si le fédéral n'avait pas gravement mis à mal l'accès à l'aide médicale urgente, la Cocom ne devrait pas grever ses maigres moyens pour une telle initiative.

Texte complet (intervention à partir de la page 24)

vendredi 6 décembre 2013

« Jeudi de l’hémicycle » autour des réalités des inégalités sociales de santé en Région Bruxelloise



Le 14 novembre dernier, le Parlement Bruxellois Francophone a accueilli un « Jeudi de l’hémicycle » autour des réalités des inégalités sociales de santé en Région Bruxelloise avec de nombreux acteurs de terrain, ainsi que des experts universitaires. Sont intervenus pour poser le débat : le Professeur Vincent LORANT (UCL – Santé publique), Mesdames Mina LOUKILI et Dr Jana LEBAN (Service de Promotion de la Santé à l’Ecole), Monsieur Manu GONÇALVES (Service de Santé Mentale « Le Méridien ») et le Docteur Pierre-Yves VAN GILS (Maison Médicale du Maelbeek). Un débat a ensuite été entamé avec les parlementaires. Magali PLOVIE et Alain MARON représentaient Ecolo.

Certains des intervenants ont pointé les problèmes de logement comme déterminants dans les inégalités de santé. Nous avons abondé dans leur sens, pointant combien l'accès à un logement adapté (assez grand et salubre) devenait complexe ou impossible pour une bonne partie des Bruxellois. Néanmoins, la politique régionale du logement a été et reste une priorité : « Jamais la Région n'a consacré autant d'argent à la politique du logement, que ce soit pour construire ou rénover des logements publics , mais aussi pour soutenir les politiques associatives, via par exemple les agences immobilières sociales ou les projets de community land trust », a ainsi expliqué Alain, « sans parler du nouveau dispositif de charges d'urbanisme, qui permettra la création de logements publics au sein des projets privés de plus de 1000 m² ; un dispositif susceptible de générer des centaines de logements à finalité sociale par an, mais dont il faut maintenant surveiller la mise en œuvre ». Le chemin reste long, ceci dit pour un. Et, dès que la loi sur le bail sera régionalisée (2014), il faudra rapidement trouver une majorité politique pour réguler le marché immobilier pour éviter que les prix ne continuent à augmenter plus rapidement que l'inflation...

La sixième réforme de l'Etat pose au moins autant de questions qu'elle n'apporte de réponses. Y compris dans des matières ayant un lien direct avec la santé. Pour Ecolo, cette réforme est néanmoins et avant tout une opportunité : on doit en profiter pour améliorer l’articulation des différentes politiques concernées à Bruxelles, pour faire face aux défis du vieillissement, du boom démographique et de la dualisation sociale, qui sont de clairs déterminants de la santé de la population en Région bruxelloise.

Pour Magali, l’organisation institutionnelle doit être revue afin d'améliorer la cohérence et d’harmoniser les politiques pour mieux répondre aux besoins de la population bruxelloise. Des besoins qui, vu l’éclatement actuel de ces compétences entre de multiples entités, ne sont pas suffisamment ou correctement rencontrés. « Concrètement, il s’agit par exemple de réorganiser la santé de manière concertée et harmonisée, en dépassant les cloisonnements institutionnels. Cette vision globale doit viser le bien-être de tous les Bruxellois. Cela nécessite de ne pas limiter la santé à la médecine, mais de prendre en compte tous les déterminants de la santé et de viser la transversalité entre les compétences sociales et de santé et les compétences régionales (logement, environnement, emploi, mobilité…). Cela passera notamment à l'avenir par un investissement plus important dans la conférence interministérielle social-santé créée lors de cette législature ».


Décès de Nelson Mandela



Je voudrais comme beaucoup de personnes rendre hommage à Nelson Mandela pour son combat mais aussi pour l'espoir et le courage qu'il a portés. Je souhaite en profiter pour reprendre une phrase très belle qu'il a dite : "Etre libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes, c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres".



Ecolo salue la mémoire d’un géant

Elle avait été tant de fois annoncée, l’annonce de son décès ne nous en a pas moins bouleversés. C'est bien évidemment avec une tristesse infinie  qu'Ecolo a appris hier le départ définitif de Nelson Mandela, qui restera comme l'une des personnalités les plus importantes de notre temps. Nelson Mandela a traversé et marqué la moitié du siècle passé, il s'est imposé au fil des ans et des défis qu'il relevait comme une icône incontournable de la paix et du dialogue entre les peuples. Les superlatifs ne suffisent même pas à cerner l'aura de cet homme d'état à travers le monde.

« Aucun de nous en agissant seul ne peut atteindre le succès », affirmait-il lors de son discours d'investiture en 94, alors qu'il prenait les rênes d'un pays qui l'avait laissé croupir pendant 27 ans en prison à s'abîmer les poumons dans les carrières de chaux et à briser des cailloux.
C'est là l'une des nombreuses leçons que laissera à la postérité cet homme exceptionnel qui avait su voir derrière la haine et le mépris de ses geôliers, leur peur de se voir un jour dépossédés de tout et qui en avait conclu que seul le dialogue permettrait à son pays de se débarrasser d’un régime indigne et  de se reconstruire, de devenir cette nation arc-en-ciel, qu’il voulait en paix avec elle-même et avec le monde.

Nelson Mandela a eu plusieurs vies : avocat, militant,  activiste, détenu, homme politique, président de son pays, prix Nobel de la Paix, il a été de tous les engagements, il a mordu la vie et n'a jamais renoncé à ses convictions. Invictus, l'invaincu nous a quitté mais son empreinte restera.
 Adieu Madiba.

Emily HOYOS et Olivier DELEUZE,
Coprésidents

mardi 3 décembre 2013

Priorité sur la « Garantie jeunes » dans le budget du Gouvernement



L’analyse des budgets 2014 de la Région (en matière d’emploi) et de la Cocof (en matière de formation professionnelle) nous montre clairement qu’un accent particulier sera mis sur le nouveau dispositif de « Garantie jeunes ». Pour rappel, ce nouveau dispositif prévoit un engagement de la part d’Actiris de proposer à tout jeune un emploi, une formation ou un stage dans les six mois suivant son inscription comme demandeur d’emploi.

Nous sommes bien entendu plus que favorable au soutien et à l’accompagnement des demandeurs d’emploi, et plus spécifiquement, des jeunes, et ce d’autant plus que ce nouveau dispositif ne fait plus porter le poids et la responsabilité du chômage sur les seules épaules du demandeur d’emploi !

Cependant, il faut rester vigilant quant aux effets d’aubaine et aux possibles effets collatéraux de la concentration de nos politiques d’emploi et de formation sur les jeunes.

Le nombre de demandeurs d’emploi des autres catégories d’âge reste en effet important et est en constante augmentation. Les jeunes en dessous de 25 ans ne représentent que 13,6% des demandeurs d’emploi - 29,6% si on l’étend aux moins de 29 ans. Les demandeurs d’emploi de plus de 30 ans représentent donc plus de 70% des demandeurs d’emploi bruxellois !

Par ailleurs, nous nous inquiétons des conséquences pour le jeune qui refuserait l’emploi, la formation ou le stage qui lui sera proposé dans le cadre de la Garantie jeunes. Cette information sera-t-elle ajoutée aux données transmises à l’Onem par Actiris avec les conséquences que nous connaissons ? L’expérience nous a montré que l’obligation de résultats contraint parfois les services d’accompagnement à proposer des emplois ou des formations qui ne correspondent pas du tout au profil ou tout simplement aux aspirations du demandeurs d’emploi. Ce dernier se retrouve alors coincé entre accepter un emploi ou une formation qui ne lui convient pas ou risquer de perdre ses droits. Ces situations sont malheureusement trop nombreuses et j’en appelle dès lors à une réelle vigilance par rapport aux travers et aux effets inverses qu’une mesure comme la Garantie jeunes pourrait amener !
                                                          
Enfin, nous avons toujours plaidé pour la nécessité d’axer d’avantage nos politiques d’emplois sur la création d’emplois pour les bruxellois. La Garantie jeunes se concentre aujourd’hui principalement sur l’offre de formations (vu les moyens importants apportés à la formation professionnelle) et sur l’offre de stages en transition. Or le problème de manque d’offres d’emploi pour les bruxellois reste très important. Selon le rapport annuel 2011 d’Actiris, notre Région compte 106.505 chômeurs pour 27.000 offres d’emploi, dont seulement 2.747 correspondent au profil des 70.743 demandeurs d’emploi peu qualifiés.

La mesure de Garantie jeunes, bien que positive, ne doit donc pas nous faire oublier que la priorité est dans le développement d’une économie aux services des Bruxellois, une économie pourvoyeuse d’emplois de qualité non-délocalisables.

Deux autres priorités doivent également être au cœur des politiques visant à favoriser l’emploi des bruxellois. Il s’agit de la lutte contre les discriminations à l’embauche d’une part, et l’amélioration de la reconnaissance des diplômes et des compétences des demandeurs d’emploi d’autre part. J’y resterai particulièrement attentive !

Lien vers les débats en commission affaires économiques (à partir de la page 8)